Quatre, ce n'est vraiment pas un chiffre faste pour les Chinois... Mais le voyage s'est aussi fait à 3+1, trois filles et un garçon ; à 2+2, deux copines, et mère-fils ; à 1+1+1+1, avec chacun nos propres intérêts. Réticent à
29 juin : Arrivés avec deux heures de retard à l'aéroport, les trois néophytes ont été conduits à l'hôtel Camélia. Très vite, Françoise (à droite) et Valérie (à gauche) ont profité d'un massage de pieds sur le boulevard, tout indiqué après un long voyage (11 heures de vol, mais plus de 24 heures de porte à porte). Lors de ces premières journées, consacrées à Kunming tant que la fatigue était toujours présente, nous avons écumés mes spots, « marché aux voleurs », marché de gros, antiquaires, restaurants en tout genre, adresse gastronomique ou vieille maison, temples taoïste ou bouddhiste, parc du centre avec ses musiques et ses danses... Nous avons aussi été faire une excursion éreintante sur la montagne qui domine le grand lac Dian proche, en prenant un bus chaotique, des sentes sous les pins, une charrette fatiguée, des escaliers interminables et un petit bateau à gros moteur.
Lors de cette balade, mon appareil photo tout neuf a rendu l'âme ; heureusement que Françoise le ramène en France pour réparation. Les photos seront celles de Françoise, et ma mère m'ayant dit que je ne mettais pas assez d'images personnelles sur le blog, en voici à foison...
Jianshui a été la première étape hors de la capitale provinciale, à quatre heures et demi de bus de route confortable vers le sud de la province. Très peu touristique, la cité se prépare pourtant à cela sur quelques rues. Hôtel tout neuf, pas cher. Visite du deuxième plus grand temple confucéen de Chine, des plus de dix cours de la résidence Zhang, excursion au village de Tuanshan avec son ensemble de maisons de la dynastie Qing qui appartenaient à de riches marchands de sel. En route, sur le pont du Double Dragon, une dame aux très petits pieds organisait une cérémonie pour placer sous de bons augures l'accouchement de sa petite fille. Appuyée sur sa canne, elle présentait aux dieux, un poulet, et un riz sucré que, bien sûr, nous avons dû tester.
Plus loin vers le sud, la pluie de mousson plus présente nous a empêché de bien distinguer l'ampleur des rizières de Yuangyang, d'un vert tendre encore quelques semaines. Taillées dans ces douces montagnes par la minorité yi, les terrasses se dessinent sans compter. Infinies et différentes. Comme un ramage soigneusement entretenu.
Sur les marchés, c'est la bonne période pour les champignons ; mais Axel cherche toujours ses yao tiao. La route, elle, est plein d'aventures : en rase campagne, un bouchon de plus de cent voitures qu'il nous a fallu résoudre car personne ne voulait prendre cette responsabilité ; des éboulements de rochers qui nous ont forcés à faire un détour de plus de six heures, un autre nous obligeant à traverser pour reprendre un bus de l'autre côté (les sacs à roulettes ne sont pas conseillés)... A la halte d'un soir, nous avons regardé le match de finale, avec des bières, chinoises bien sûr.
Remontant vers le nord pour quitter la mousson et rejoindre Dali, nous nous sommes arrêtés le temps d'un marché chez les Hua Yao Baïs aux dents laquées de noir. Sourires étranges mais rires communicatifs à l'achat d'un kilo de mangues. Le soir nous aurions dû atteindre Dali mais dans les monts Ailao, la route était interminable. Préservatifs et objets divers (ci-dessous, à gauche) nous ont été proposé par l'hôtel « chic à la chinoise » de la gare routière de Chuxiong.
Dali et ses trois pagodes. Nous revenons vers le circuit touristique du Yunnan. Chaque jour pourtant il est possible de s'en échapper, de pousser la lourde porte d'une maison, de se faire inviter pour un thé, de prendre un véhicule à destination de nulle part, de passer les chicanes d'entrée des temples, à l'écart, de suivre des mamies... Telle la grande cérémonie d'ouverture de l'ensemble bouddhique au pied des pagodes qui ne comptait pas de touristes mais des milliers de pèlerins et des centaines de lamas venus de toute l'Asie. En faisant le tour du lac Erhaï, nous avons profité d'une cérémonie au dieu Benzhu de l'ethnie locale baï : une centaine de mamies en costume de batik bleu (voir autre article Les Bais en bleu) sous les bougainvilliers roses, concentrées sur leurs prières et leur musique mais heureuses de nous recevoir, de nous conduire jusqu'à l'oratoire dominant les eaux calmes du « lac Oreille ».
A Lijiang, c'est une autre histoire : la foire d'un tourisme à la chinoise qui explose, un « Saint-Trop' aoûtien » à 2 700 mètres d'altitude ; des hordes de Chinois au pas lent, hurlant la nuit venue de restaurants en restaurants, dopés par un exotisme floklorique à base de culture naxi et mosso - où les relations entre homme et femme sont plus libres que dans la société de l'ethnie majoritaire han. La vieille cité, réchappée d'un tremblement de terre il y a douze ans, en pleure ses ruisseaux, ses ruelles et ses vieilles Naxis dont le costume rêvait d'étoiles et de lune. Seule la statue de Mao est resté digne, d'une immaculée blancheur, impassible au changement qui oppresse la ville.
Un îlot d'humanité dans le tsunami journalier : Constantin, que nous retrouvons dans la nouvelle maison qu'il prépare là pour Namu (cf article précédent), et Alex, Français et cuisinier qui a ouvert un resto pizzeria. Dîner du soir avec quelques autres amis et quelques bouteilles. Axel, lui, n'a jamais autant apprécié la pizza. Pour couronner son bonheur, Françoise et Valérie lui ont offert un mp4 d'un giga dernier cri.
Route pour le lac Lugu. Fatigante car le nouvel itinéraire est pavé pendant presque cinq heures sur huit. Mais à l'escale, les Yis aux vastes chapeaux noirs font oublier les cahots (ci-dessus, à gauche). Nous logeons dans la guest-house du frère de Namu, plus à l'écart des nouvelles implantations touristiques. Depuis ma dernière venue avec mes parents, il y a cinq ans, les villages mossos ont été engloutis par les guest-houses. Mais escale reposante. Le dernier soir, notre hôte a grillé pour nous un petit cochon, accompagné de champignons de la montagne : succulent. Nous avions prévu avec Valérie un trek du lac à Zhongdian, dernière étape, tibétaine, du voyage, mais le temps manquait pour l'itinéraire et la pluie pouvait rendre les sentiers hasardeux. Nous avons donc dû repasser par Lijiang pour monter à Zhongdian.
Là, c'est un autre monde, la zone appartenait avant 1959 au royaume tibétain. Première journée chez des amis (ci-dessus, à gauche) : lui est un « bouddha vivant » (une réincarnation de grand lama) rééduqué pendant
24 juillet : Valérie et Françoise sont reparties, nous laissant, Axel et moi, en instance dans un superbe hôtel de style tibétain, au pied du grand monastère. Le voyage à 4 s'est bien terminé. Rires et bonne humeur pour une autre Chine que j'étais contente de partager.
J'avais, de la Thaïlande, une image d'Epinal, provenant essentiellement des groupes de touristes rouge écrevisse, tous affublés de tee-shirts au logo made in, que je croisais en transit à Bangkok lors de mes précédents voyages. Mais je voulais voir. Les plages et la capitale. Et sur la route du retour à Kunming, profiter d'une escale prolongée pour digérer le « jetlag » et remonter le moral de mon mousse réticent au retour. D'abord deux jours à Bangkok. Visiter le minimum. Le grand palais et le wat Pho à côté, avec son grand bouddha couché, une balade sur les canaux en long tail
Après deux heures et demie d'une traversée en catamaran rapide, nous avons débarqués sur Koh Tao. L'île côtoie celle de Koh Samui, dans le golf du Siam. Leurs rives n'ont donc pas été touchées par le tsunami. Et elles profitent de la pleine mer, avec des récifs poissonneux qui attirent de nombreux plongeurs. En accostant, Axel avait un large sourire malgré la nuit passée : «
Axel a pu profiter de son cadeau de Noël : un baptême de plongée (45 euros avec la petite formation, 22 euros la plongée supplémentaire). Nous aurions aimé rester, mais ma banquière m'a rappelé à l'ordre, ou plutôt, m'a coupé les vivres... J'ai dû vendre ma turquoise pour rentrer à Bangkok chez Marc où nous avons attendu deux jours qu'on me prête un parapluie (merci)...
Il devenait urgent que nous remontions plein nord vers la Chine. Mais pas en train ! A mi-chemin de la frontière, nous avons passé un jour à Sukhotai, ancienne capitale, pour visiter ses ruines (guest-houses pas chères, 3 à 5 euros la nuit). Puis trajet de bus directement pour Chiang Rai, suivi par un minibus pour Chiang Saen, lieu d'embarquement sur le Mékong. Là, mauvaise nouvelle, plus possible de prendre un bateau cargo pour une lente remontée de 4 ou 5 jours vers la Chine, le gouvernement chinois oblige aujourd'hui les étrangers à prendre les bateaux rapides, au demeurant très confortables, mais plus chers (80 euros jusqu'à Jihong, samedi, jeudi, lundi, arriver au moins le matin de la veille pour les formalités douanières, départ à 6 h du mat'). Rien de vraiment palpitant dans cette bourgade pour patienter trois jours... De l'autre côté du fleuve, les berges laotiennes sont encore plus calmes.
Dans le bateau, nous sommes deux étrangers, les autres sont asiatiques. Je me demande comment font les larges cargos pour remonter dans les remous en zigzaguant entre les récifs et les bancs de sable. Entre deux méandres, le copilote donne de la trompe. On ralentit en croisant une barque ou un speed boat, car notre aire se déforme en un V conséquent qui rebondit sur les blocs rocheux, ou bien en passant une passe élargie dont les fonds sablonneux ne sont qu'à quelques centimètres de la
quille. Les marins testent alors à la gaffe l'avancée du navire. De plus en plus, de grands arbres dominent la jungle de bambou. Presque pas de présence humaine. De temps en temps, des orpailleuses, dans l'eau jusqu'aux cuisses, tamisent le sable qui dégueule vers le fleuve. Quelques cases sur pilotis et presque pas de cultures. Un speed boat nous croise à grande vitesse avec à son bord des femmes
recroquevillées, leurs costumes clignotent de pièces d'argent. Puis nous arrivons en Chine, premier port, théoriquement pour valider notre visa. En fait le capitaine nous débarque,
officiellement les eaux sont trop basses ; nous n'étions peut-être pas assez nombreux pour ce bateau de 45 places... La compagnie préfère donc nous payer une chambre dans un hôtel flambant neuf et nous acheter les billets de bus pour Jinhong (6 h, dont 4 h de piste), dans le Xishuanbanna (extrême sud du Yunnan). De là, nous partirons à Kunming par un bus de nuit (11h, route à peu près confortable).
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